Matériel de Maria Montessori

Le matériel est conçu de façon à permettre à l’enfant d’éduquer sa motricité, ses sens, et ses compétences intellectuelles. Il permet à l'enfant d'augmenter ses moyens d’observer et de comprendre son milieu, facilitant ainsi ses rapports avec lui.

  • Le matériel sensoriel

Il aide l’enfant à devenir conscient des détails par des sensations fortement contrastées puis des sensations graduées. Il permet à l’enfant de distinguer, de classer et d’associer une nouvelle information de ce qu’il connaît déjà. Il est une réponse adaptée aux périodes sensibles caractéristiques des enfants de 3 à 6 ans.

  •  Le matériel mathématique

 Les premiers matériels de mathématiques sont présentés à l’enfant lorsqu’il a manipulé une très large partie du matériel sensoriel.

 

 « En présentant à l’enfant un matériel déterminé scientifiquement, capable de lui offrir d’une façon claire et évidente la base sur laquelle son raisonnement devra s’édifier, on ne facilite pas seulement l’apprentissage de l’arithmétique, mais aussi le développement d’une profondeur logique qu’on ne pensait pas pouvoir être atteinte chez des enfants » [1].

 [1] Maria Montessori, Psicoaritmetica, p.1 Garzanti, Rome

 

Si le matériel de mathématiques est du matériel sensoriel, il est d’une part scientifique et représente une abstraction matérialisée. Toutefois la discrimination sensorielle de l’enfant n’est plus le but, mais le support, le moyen d’introduire des concepts plus complexes que ceux abordés avec le matériel sensoriel.

 

A chaque niveau d’apprentissage, trois stades se succéderont :

     - La découverte de la quantité et de son nom,
     - L’apprentissage du symbole,
     - L’association de la quantité et du symbole.

  • Le matériel de la vie pratique

Ce matériel est le premier matériel que l’on présente à l’enfant, car il lui permet de s’adapter à son environnement et de devenir plus indépendant. Les exercices de vie pratique consistent en des actes de la vie quotidienne. Maria Montessori décrit l’enthousiasme des petits enfants pour ce genre d’exercice : « une vie réelle se déroule à la Maison des Enfants où les tâches domestiques sont confiées aux petits ; ils s’en acquittent avec ardeur et dignité ».

 

Il est composé d’objets de la vie quotidienne que l’enfant pourra retrouver dans son milieu. L’enfant est ainsi libre de s’exercer sur des objets réels, mais n’est pas confronté à la frustration de l’échec. Sortie du contexte du quotidien, l’activité n’a plus un but extérieur mais un but de construction intérieure. L’enfant est libre de choisir le moment où il transposera ces gestes dans sa vie quotidienne.

Il existe d'autres catégories de matériel comme le matériel du langage, de botanique, de zoologie, de géographie.

 

 

Le matériel conçu pour faciliter le développement et les progressions de l’enfant, doit être correctement manipulé. A cette seule condition, l’enfant peut s’en servir aussi longtemps qu’il le souhaite.

 

En photo, le travail en autonomie de deux enfants de 5 ans.

Caractéristiques du matériel

 

Un enfant a besoin de comprendre ce qu’il perçoit. Pour apprendre, il lui faut de la concentration. La meilleure façon de se concentrer et de fixer son attention sur une tâche est de l'accomplir avec ses mains. Aussi Maria Montessori a imaginé un matériel caractéristique et scientifique pour sa pédagogie.

 

Il doit être esthétique et attrayant pour être un appel à l’activité. Il est disponible en un seul exemplaire : l’enfant apprend à respecter le travail des autres, la vie du collectif, et la patience.

 

Il isole une qualité définie telle que la couleur, le poids, la forme, la texture, la taille, le son, l’odeur, etc. Pour que l’enfant se concentre sur une seule recherche ou difficulté, le matériel souligne une de ces qualités particulières en éliminant ou minimisant les autres différences.

 

Il est graduel dans sa difficulté : chaque ensemble accuse une qualité, mais à un degré différent. La gradation est régulière, et si possible, mathématiquement établie.

 

Enfin, le matériel est porteur du contrôle de l’erreur pour amener l’enfant à un raisonnement. L’erreur est un guide qui lui permet l’auto-activité et l’indépendance. Il apprend ainsi que l’erreur n’est pas un échec mais un moyen de découvrir un nouveau processus d’apprentissage. Il élabore alors incidemment un goût pour l’honnêteté intellectuelle.

 

L’enfant doit être libre de choisir le matériel. Il est guidé par ses « périodes sensibles » qui le poussent vers certaines activités en fonction de ses besoins de construction et de ses centres d’intérêts. Trois niveaux définissent cette liberté : « je choisis le matériel, je choisis ma place, je choisis la durée de manipulation ». On respecte ainsi son rythme d’apprentissage. Grâce au contrôle de l’erreur et au libre choix, l’enfant est libre de répéter l’exercice autant de fois qu’il le désire.

 

La liberté et la répétition révèlent également une forte capacité de concentration spontanée qui témoigne, à l’extérieur, d’un développement intérieur. Les diverses manipulations du matériel Montessori contribuent à entretenir et à développer ce pouvoir de concentration. Par ailleurs, le matériel est de plus en plus complexe et l’enfant doit donc accomplir des tâches de plus en plus longues. Sa capacité de concentration évolue en conséquence.

 

 

L’obligation intervient quand il a terminé son travail. Il doit aller ranger le matériel à sa place sans se tromper d’étagère. Chaque matériel a une place déterminée, immuable. La liberté s’arrête dans le souci du respect de la vie de groupe.